Celui qui cherche « cagnotte solidaire » a presque toujours déjà choisi sa plateforme. Il est devant un champ de texte vide, le curseur clignote, et il ne sait pas quoi écrire.
Ce qui existe pour cette question, ce sont des modèles d’affiches, et une affiche ne collecte rien. Ce qui collecte, c’est le texte, et le texte a une structure.
La structure en cinq parties
Dans cet ordre. L’ordre n’est pas une question de style, c’est le chemin que suit la tête de celui qui lit.
- Une phrase sur ce qui s’est passé. Concrète, avec un nom et un lieu. Pas « une famille en difficulté » mais « l’incendie de la rue des Acacias a laissé Claire et ses trois enfants sans rien ».
- Qui demande, et quel est son lien avec l’histoire. « Je suis sa voisine depuis onze ans. » C’est la première chose qu’un inconnu a besoin de savoir, et c’est celle qu’on oublie le plus souvent.
- À quoi sert l’argent, ligne par ligne, avec les montants. C’est là que la plupart des textes coulent. Un total seul ressemble à une estimation ; une liste se vérifie.
- Ce qui arrive si la somme n’est pas réunie. C’est la raison pour laquelle c’est urgent : sans ça, participer demain équivaut à participer aujourd’hui, et demain personne ne participe.
- Quoi faire maintenant. Participer, ou partager si on ne peut pas. Dites les deux : la moitié des gens qui aident vraiment aident en partageant.
Et une chose qui ne va pas dans le texte : la belle citation sur la générosité. Tout le monde les a déjà lues, et une épigraphe en tête pousse l’information sous la ligne de flottaison.
Modèle de texte pour une cagnotte solidaire
Copiez et remplacez ce qui est entre crochets. Ça tient sur n’importe quelle plateforme.
[Ce qui s’est passé, en une phrase, avec un nom et un lieu.]
Je m’appelle [votre nom] et [votre lien : je suis sa voisine, sa sœur, je travaille au refuge depuis X ans].
[Deux paragraphes : ce qui s’est passé, quand, ce qui a déjà été fait, ce qui manque encore. Des faits et des dates. Sans adjectifs, sans « imaginez que ce soit vous ».]
À quoi sert l’argent :
- [Poste] — [montant] €
- [Poste] — [montant] €
- [Poste] — [montant] €
Total : [somme exacte] €.
[Si nous n’y arrivons pas d’ici le (date), il se passe (conséquence concrète).]
Si vous pouvez participer, chaque montant compte. Si vous ne pouvez pas, partager aide autant : c’est comme ça que ça arrive jusqu’à quelqu’un qui peut.
[Votre nom et un moyen de vous joindre.]
Trois détails de ce modèle changent le résultat :
- Le total est la somme exacte des postes, pas un chiffre rond.
- Le moyen de vous joindre, à la fin. Une cagnotte sans personne derrière est la première qu’on écarte.
- La demande de partage est explicite. Celui qui n’a pas d’argent aujourd’hui veut aider et ne sait pas comment ; donnez-lui quelque chose à faire.
Les trois choses que cherche quelqu’un avant de participer
« Est-ce que c’est vrai ? » Personne ne répond à ça en lisant une promesse. On y répond en voyant : votre nom, votre visage, votre lien avec l’histoire, et une façon de vous parler. Une cagnotte anonyme, même parfaitement réelle, perd contre une cagnotte signée.
« Combien dois-je donner ? » C’est la liste des postes qui répond, mieux qu’un montant suggéré. Qui lit « médicaments — 120 € » sait ce qu’il fait en donnant 120 €.
« Est-ce que ça arrivera vraiment là-bas ? » Ici, bien écrire ne suffit pas. Ce qui répond, ce sont les nouvelles : combien a été réuni, ce qui a été payé, ce qui reste. Chaque semaine, même quand rien n’a bougé.
Et l’argent, il est où pendant ce temps ?
C’est la question qui vient juste après, et la réponse dépend entièrement de l’endroit où vous avez créé la collecte. Sur la plupart des plateformes, l’argent reste sur un compte à elles jusqu’au retrait, et c’est elle qui décide quand il en sort.
Chez Causfy cette étape n’existe pas : les participations vont directement sur le compte ou dans le portefeuille de la personne qui a créé la cause. Le détail des frais et des mécanismes est dans ce qui est vraiment gratuit dans une cagnotte.
Les erreurs qui bloquent une cagnotte solidaire
- Un objectif rond et élevé sans expliquer d’où il sort.
- Une photo de banque d’images. Elle se repère en une seconde et détruit tout ce que le texte avait construit. Une mauvaise photo prise au téléphone vaut mieux.
- Publier et envoyer dans le grand groupe. Les premières participations doivent venir de gens qui vous connaissent, en privé, une par une. Une page à zéro ne reçoit pas de participation d’un inconnu.
- Disparaître après la première semaine. Sans nouvelle, la collecte semble réglée ou abandonnée. Dans les deux cas, on ne participe plus.
- S’excuser de demander. Celui qui lit « désolé de déranger » se sent effectivement dérangé.
Si vous créez la vôtre maintenant, voici comment ça fonctionne : la créer ne coûte rien, nous ne prenons aucun pourcentage, et il n’y a pas de pourboire demandé à vos proches.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une cagnotte solidaire ?
Une collecte destinée à aider quelqu’un ou quelque chose — un traitement, une famille après un incendie, un refuge animalier, une réparation — sans que les participants attendent une contrepartie. C’est ce qui la distingue du financement d’un projet.
Que faut-il écrire dans une cagnotte solidaire ?
Cinq parties, dans cet ordre : ce qui s’est passé en une phrase avec un nom et un lieu, qui demande et quel est son lien avec la situation, à quoi sert l’argent ligne par ligne, ce qui arrive si la somme n’est pas réunie, et quoi faire maintenant. Le modèle complet est dans cet article.
Comment rendre une cagnotte crédible ?
Trois choses vérifiables : votre nom et votre lien avec la situation, le détail de l’usage de l’argent avec les montants, et des nouvelles régulières pendant la collecte. Aucune promesse ne remplace ces trois-là.
Faut-il être une association pour lancer une cagnotte solidaire ?
Non. Une personne seule peut en ouvrir une, et c’est le cas le plus fréquent : un voisin, un proche, un collègue. Les associations le peuvent aussi, avec le même compte.
Sujets
- Cagnotte solidaire
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